Militant souriant, poing levé, brandissant un chèque géant de caisse de grève de 15 000 € pour les cheminots de Versailles Chantiers, devant une banderole « Cheminots en guerre des classes ».
Crédit photo : Olivier Blandin

Messages de soutien

Les mots déterminés et touchants de celles et ceux qui soutiennent les grévistes et salariés en lutte.

  • Cette contribution correspond à deux cachets de deux représentations du spectacle "Olivier Masson doit-il mourir ?" A l'issue des représentations (théâtre des Célestins, Lyon), le mot suivant était lu devant le public : "Mesdames, messieurs, en cette période de mobilisation collective contre la réforme des retraites, nous avons décidé d'assurer les représentations d'Olivier Masson doit-il mourir ? Cette décision est le résultat d'une série de discussions au cours desquelles nous n'avons pas toujours été d'accord entre nous. Et si les avis divergent sur le fait d'annuler ou non des représentations, nous sommes en revanche tous désireux de nous joindre au mouvement de mobilisation. Nous sommes pleinement du côté de ceux qui manifestent depuis une quarantaine de jours. Et si le rejet de la réforme des retraites nous semble absolument nécessaire, nous sommes aussi persuadés que ce qui est en jeu est bien plus large. Nous croyons que ce qui réunit les manifestants récemment est de même nature que ce qui anime les foules au Chili, en Algérie, au Liban, au Brésil, et même à Hong-Kong. Car puisque les dangers sont devenus planétaires, les mobilisations le sont aussi. Nous abordons une époque dangereuse. Une époque où l'on ne craint plus tant la destruction d'un régime ou d'une certaine société, que la disparition des conditions de maintien de l'existence humaine. Une époque où, certainement, l'explosion du danger verra naître l'explosion des égoïsmes. Une époque où, plus que jamais, la solidarité sera nécessaire. Pas la solidarité tribale ou familiale. Pas cette solidarité clanique que les dominants de ce monde savent très bien manifester entre eux. Non, nous parlons ici de la solidarité entre inconnus, entre anonymes. La solidarité politique, que seules des luttes politiques ont su imposer contre des intérêts particuliers. Cette solidarité sociale que l'après-guerre nous avait léguée : sécurité sociale, assurance chômage, assurance retraite... C'est précisément cette solidarité – nécessaire, vitale – que, systématiquement, le gouvernement actuel déconstruit, démonte, livre aux appétits financiers. Certains Gilets Jaunes, l'an dernier, pour répondre aux commentateurs qui leur déniaient toute pensée écologique parce qu'ils s'alarmaient d'une augmentation des prix du carburant, avaient brandi des panneaux où était écrit : « Fin du monde, fin du mois, même combat ». Cette intuition est largement partagée : ceux qui organisent la précarité des plus vulnérables sont les mêmes qui précipitent le monde vers le désastre, et pour la même raison : l'extension perpétuelle et amorale du domaine du profit. Il ne s'agit pas tant de désigner des coupables que de s'opposer à un système. De le déclarer failli, obsolète, immoral et dangereux. De rappeler qu'il est possible de faire autrement, puisqu'on l'a fait pendant quelques années. Il ne s'agit pas d'espérer un grand soir ou l'avènement de l'homme nouveau, que de défendre le principe de la solidarité sociale. Et de rappeler qu'un pays où l'on ringardise la solidarité sociale – avant d'entreprendre de la démonter totalement – est un pays bien mal préparé aux temps chargés qui s'annoncent. La France se rebiffe contre la destruction systématique de cette solidarité. Les économistes et les politiques s'étonnent : mais pourquoi donc les Français restent-ils majoritairement hostiles à la réforme alors même qu'elle ne s'attaque qu'aux régimes spéciaux ? Pourquoi certains travailleurs la refusent-ils alors même qu'on leur promet qu'elle ne s'appliquera jamais à eux, mais uniquement aux suivants ? Autrement dit, les restes de la solidarité étonnent et stupéfient des commentateurs qui s'en sont depuis longtemps affranchi. Depuis des semaines, des travailleurs font grève, perdent leur salaire, endurent la désinformation et l'opprobre. Des caisses de solidarité existent, qui permettent de les soutenir. En ce soir de mobilisation interprofessionnelle, nous avons décidé de soutenir la grève en reversant nos salaires à l'une de ces caisses. Si vous avez envie de contribuer à votre tour. Nous tenons à votre disposition une liste où nous avons recensé quelques unes de ces caisses. Nous pensons qu'elles sont indispensables pour permettre au mouvement de durer. Pour permettre à ces travailleurs en grève de sauver ce qui peut l'être. Car ceux qui sont dans la rue, ce sont ceux qui savent concrètement à quel point la solidarité est attaquée : les soignants des hôpitaux, soumis à d'odieuses logiques comptables ; les travailleurs et travailleuses du social ; les instituteurs et institutrices... Ce n'est pas un accommodement sur l'âge pivot qui fera oublier à ces manifestants ce qu'ils savent de la grande déconstruction en cours. Mais qui, parmi les dominants, veut bien entendre la nature de cette colère ? Quand des milliers de scientifiques, d'un ton sobre et documenté, annoncent depuis trente ans la catastrophe écologique, dans des rapports toujours plus incontestables à mesure que la réalité les rattrapent, certains ne veulent pas entendre. Quand une adolescente suédoise de quinze ans rappelle le contenu de ces rapports d'un ton prophétique et habité, les mêmes ne veulent toujours pas entendre. Quand des peuples, contre leur intérêt, au péril de leur santé ou de leur vie, arpentent les rues pour dénoncer l'échec et la dangerosité d'un système, même surdité. Quand entendront-ils ? Ce qui est en jeu n'est pas le triomphe d'un camp contre un autre. Ce qui est en jeu, c'est la question de la vie même."
  • Je ne peux pas participer au mouvement en ce moment afin d'éviter à des collègues une situation très difficile. Tenez bon!
  • solidarité et actions avec courage
  • Deuxième participation pour continuer le soutien.
  • Merci
  • Courage
  • Courage et merci fraternel.
  • Il faut bloquer la précieuse économie néolibérale de Macron et sa bande, et ne rien lâcher.... Les marches et manif' sont devenues inutiles... Bloquons le pays jusqu'à ce qu'ils aient peur!!!
  • Comment mieux utiliser le remboursement de mon Pass Navigo de décembre ? Merci et courage à tou.tes
  • trop de colère
  • Pour avoir vécu 95 à EDF, je sais combien il est dure pour des salariés de faire grève plusieurs jours de suite. Alors plus de 2 mois ... Tenez bon, ils vont bien finir par craquer. Joël
  • Et si les remboursements des pass Navigo allaient à la caisse de grève ..

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