« POUR CEUX QUI NE PEUVENT PAS MANIFESTER : profitons-en pour remplir les caisses de dons des grévistes. Cramer c’est bien, soutenir, c’est bien aussi. » Ce message posté par la streameuse BeaufDelphine n’est pas le premier du genre.
Alors que le mouvement contre la réforme des retraites entre dans une nouvelle phase, les appels se multiplient en ligne pour alimenter les caisses de grève, ces cagnottes qui permettent de soutenir financièrement les salariés qui cessent de travailler plus de deux jours. Certains streameurs sont très populaires comme Antoine Daniel qui est l'un des vidéastes français les plus suivis et regardés sur Twitch. Ce dernier lance régulièrement des appels aux dons dans ses lives et affiche des liens vers une cagnotte spécifique liée à une autre chaîne de la plateforme : Piquet de Stream. Depuis deux mois, ce compte cumule les lives pour lever des fonds et a déjà réuni plus de 82 000 euros.
De records de dons
Au-delà de Twitch, les caisses de grève se sont multipliées en ligne. On en retrouve sur les sites des syndicats, sur des services de cagnottes comme Leetchi ou Papayoux, ou encore sur des sites dédiés comme caisse-solidarité, qui est la plus importante : elle vient de passer les 2,3 millions d’euros de collectes tandis que celle tenue par la CGT sur Leetchi s’établit à plus de 1,3 million d'euros. En cherchant un peu on tombe sur une multitude d’autres cagnottes, dont les montants fluctuent entre 20 et 30 000 euros.
Romain Altmann voit dans le succès de ces caisses de grève plusieurs facteurs émergents. « La nouveauté, c’est que les jeunes participent beaucoup. On voit beaucoup d’étudiants, de jeunes actifs, mais aussi des indépendants ou des petits patrons, comme des boulangers. Le mouvement est vraiment très large et va au-delà de la réforme des retraites. Les gens s’interrogent sur leur rapport au travail et la manière dont ils envisagent de vivre. »
David-Julien Rahmil
Squatteur de la rubrique Médias Mutants et Monde Créatif, j'explore les tréfonds du web et vous explique comment Internet nous rend toujours plus zinzin. Promis, demain, j'arrête Twitter.